Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

billets d humeur, sujets divers

temps de la découverte joyeuse

Elle est située dans une petite rue sinueuse, au creux d un village de bord de mer.Elle est grande, elle est altière, c est une belle demeure  en granite, aux volets de bois blancs, et aux portes à doubles battants. Quelques niches trouent la façade, probable résidus de statuettes religieuses.Le toit , tout d ardoises plates, encadre les chiens assis.

C est une maison de famille, si l on en croit le nombre de chaises dehors .Son petit muret fait de pierres de granit , vieillies au vent chargé d embruns, clôt le petit domaine, il protège comme on encercle souvent son espace pour ne pas se laisser envahir, par l autre, ou les autres.des petites pousses de fleurs sauvages  mauves aux feuilles dentelées de ciseaux cranteurs se sont frayées un chemin sur ce muret ,de part et d autres, participant à cette joyeuse identité bretonne.l odeur qui s en dégage, lorsque  on passe le long de cette clôture minérale, rappelle au promeneur, que derrière, s épanouissent les gardiens exubérants de ces terres, les hortensias, énormes, vifs, présomptueux gavés de terre de bruyère .un peu plus le long du mur à l ouest, des lauriers sauce  que rien n arrêtent de croitre , croissent , éparses, peu touffus, capiteux au sombre vert qui parait ne pas avoir besoin de lumière à son bonheur.Des enfants qui se sont cachés dedans, ont élus leur cabane au creux de cette haie ombreuse, faisant par la même occasion le bonheur de hardes de moustiques affamés aux aiguillons tendus .il reste , à leurs pieds, un petit seau rouge dont la anse jaune s est déboitée, ainsi qu un petit râteau bleu , vieilli et  édenté tandis que sur le sable noirci par les épines du  cèdre malade, tortueux,  malmenés par les sauts des enfançons , quelques coques, quelques palourdes blanches et coloriées par de petites mains , dessinent un probable comptoir de vente , haut lieu de marchandage certain.

un enfant en bikini rouge, s échappe en criant de la grosse maison, il court ouvrant la bouche toute grande, léchant la dernière trace d une crème glacée au chocolat à la commissure de ses lèvres.Il s agit d une urgence à voir la vitesse à laquelle il va, sa main droite enfermant un autre trésor .il saute les quelques marches de l escalier du perron, manquant de se perdre l équilibre, un autre le suit , tout aussi pressé, en bikini vert et blanc à nouettes sur les cotés .les sandales crissent sur les résidus de sable des marches.la petite main toute pleine, le premier enfant saute sur le tas de sable, détruisant , dans sa chute , un coin du comptoir.des hurlements s échappent du goulot de la petite fille au bikini vert , il s agit d un cri furieux à voir la bouche qui se déforme et l air de contrariété qui s installe sur ce petite visage joli , bruni par un doux soleil d été .

"tu as détruit ma marchande" dit la petite fille aux couettes qui bougent , "je vais devoir tout recommencer " dit elle fronçant les yeux, les mains aux hanches, comme une matrone , dont on a troublé le travail .

" désolé , je ne voulais pas, c était pressé , c était pour étaler les coquillages de ce matin" rétorque le petit garçon, droit, fier, le poing levé et plein , en direction du visage de la petite .son petit dos bronzé, cambré, me cache l air sans doute supérieur qu il doit prendre.

lentement il ouvre la menotte, toute cachetée  des rebords boursoufflés des coques.

le silence se refait , les regards braqués sur l épargne du petit garçon ,les mains  s essuient sur les cuisses les doigts trient , les doigts remuent , l attention est vive et soutenue, le souffle est court, les petits dos se courbent au dessus , c est le temps de la découverte joyeuse .

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
Ne serait ce là, la description d'une maison d'enfance bien connue de nos étés passés ?
Dans ce cas, il se pourrait que le petit garçon cache quelque part un seau rempli d'étrilles !
Répondre